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Erik Pedurand arrête la musique

Après dix ans de scène, l’artiste guadeloupéen Erik Pedurand a décidé d’arrêter la musique. Une industrie qui marchandise trop la culture, un public apathique inconscient des enjeux… Erik baisse le rideau. Pas pour longtemps, on l’espère !

Erik arrête la musique.
La nouvelle, il n’a demandé à personne de l’annoncer. Il s’y est pris tout seul, comme un grand sur sa page facebook, avec un message qui a tout de suite alerté ses fans. Le concert qu’il donnerait au Café de la Danse, le samedi 27 mai dans le cadre du festival SOBO serait le dernier.

Quand nous le retrouvons le 27 mai quelques heures avant sa répé, dans un café du 19ème arrondissement, c’est sans détour, la première question que nous lui posons. L’interview est à retrouver en intégralité ici :

Plus le goût, plus l’envie, plus la niaque, un peu de dégoût qu’il exprime sans fioriture, une amertume qu’on décèle derrière les mots.

Erik est fatigué. Fatigué de ne pas pouvoir vivre de sa musique, qu’il tente d’exprimer depuis dix ans, de Chayé Kow en 2008, Ecole Créole en 2013, jusqu’à son Tribute to Mona, un hommage si personnel et si fort à l’illustre martiniquais. Le guadeloupéen connecté à l'indomptable  artiste comme s’il était son propre fils, en tout cas son héritier en force, en puissance tellurique et en sincérité.

Un artiste ne peut pas se contenter de chanter pour vivre. Comme pour tout le monde, il y a le loyer à payer et le frigo à remplir. Tous les artistes ne s’appellent pas Jay Z ou Rihanna et ne roulent pas en Bentley. Le monde réel n’est pas fait que des « Stars » qui pullulent dans le monde virtuel.

Sa décision s’articule à une critique d’un système où la culture est considérée comme une marchandise comme une autre, où le public antillais n’a pas encore pris conscience de son pouvoir et de son rôle et où l’artiste aurait tout à gagner à se professionnaliser.

La vi artis rèd. Kali l’a chanté en son temps. Mais ce temps-là est encore le temps d’aujourd’hui. Et même s’il vit depuis deux ans déjà à Detroit aux Etats-Unis, où il a fondé une famille, Erik avait imaginé rester tourné vers son île et sa communauté.

C’est de là-bas, qu’il a nourri son projet Tribute to Mona, faisant l’aller-retour avec les Antilles ou vers Paris.
Aujourd’hui, il veut faire un break, découvrir de nouveaux modes d’expression, qui lui permettraient de s’exprimer différemment… et peut-être d’être moins dépendant de sa communauté antillaise ?

En tout cas, on espère vraiment qu’après cette respiration probablement nécessaire, il reviendra à sa passion qui comble ses fans.

On bel jouné

Paris Chérie

Elle donne

Bel pasaj’ avec Joël Jaccoulet

Comments

  1. Eugène MONA n’était pas gros-mornais et « la vi artis rèd » a été repris par Kali, mais ce n’est pas de lui.

  2. c’est noté

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