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Ta Nehisi Coates – « Le grand combat ».

Ta Nehisi Coates a grandi à Baltimore, dans une famille de sept enfants, à l’époque où le crack et les drogues ravagent les ghettos Noirs des Etats-Unis. Grâce à ses parents, en particulier son père Paul Coates, il a nourri la conscience de la valeur des hommes Noirs dans une Amérique divisée.

Dans « Une colère Noire », son précédent livre traduit en français, il avait dressé le tableau implacable d’une société américaine gangrénée par le racisme qui ne s’est pas éteint avec le combat et la victoire pour les droits civiques. Cet ouvrage, cri de colère brute face aux violences policières, aux inégalités persistantes était une adresse à son fils.

« Le Grand Combat » boucle la boucle. L’auteur revient sur sa jeunesse, ses années lycée, les premières années à l’université, la tentation de la violence, de la déviance. Ta Nehisi Coates rend ainsi hommage à ses parents, à l’éducation qu’il a reçue et qui l’a mis à l’abri d’un destin qui semblait tracé.

Les livres, le djembé, l’histoire de l’Afrique nourrissent le jeune Ta Nehisi, mais aussi le rap des premières années. Les souvenirs sont évoqués sur une bande son : Run DMC, LL Cool J, Big Daddy Kane, Afrika Bambaata, Eazy E, Public Enemy, De la Soul, A Tribe Called Quest…dont les compositions donnent leur nom aux chapitres du livre.

Le grand combat – Ed. Autrement.
p. 131 : Je sortais la tête un peu plus haute, parce que si on le fait comme il faut, si on prétend être ce nègre-là avec assez de conviction, on finit par y croire, un peu, même si on n’a fait qu’affronter son reflet dans le miroir de la chambre. Je découvris ainsi pourquoi les rappeurs avaient une si grande gueule. La Connaissance aussi avait peur de la rue.

p. 165 : Et il se mit à me frapper à tour de bras, sa main animée par un qi aussi ancien que l’esclavage. Une énergie vitale transmise de génération en génération, qui prenait sa source chez ces mères prêtes à tout pour protéger leurs fils du fouet, puis du bûcher, de la corde et du gros shérif. Mon père frappait avec la force d’une armée d’esclaves révoltés. Il frappait comme la peur, comme si le monde se refermait et l’acculait. Il frappait pour me sauver la vie. 

p. 171 : Pour moi, le rap était un moyen de nous reconnecter à la Connaissance du Vieux Continent. C’était notre bateau de retour, alimenté par l’angoisse et l’aliénation de notre époque.

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